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VEFA : quel délai pour agir contre les constructeurs ?

VEFA : quel délai pour agir contre les constructeurs ?

La vente en l'état futur d'achèvement (VEFA), également appelée « achat sur plan », est un contrat par lequel un acquéreur achète un bien immobilier avant son achèvement, le vendeur s'engageant à réaliser les travaux jusqu'à la livraison du bien. Ce mode d'acquisition est largement utilisé dans les opérations de promotion immobilière.

En VEFA, les promoteurs peuvent être amenés à indemniser les acquéreurs lorsque des désordres relèvent de la garantie décennale. Se pose alors la question du délai dont ils disposent pour exercer un recours contre les constructeurs ayant participé à l'opération.

Dans un arrêt du 7 mai 2026, la Cour de cassation apporte une nouvelle illustration de cette règle, en matière de vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) : lorsqu’il est amené à indemniser les acquéreurs au titre de la garantie décennale, le vendeur ne dispose pas d’un nouveau délai pour exercer ses recours contre les autres intervenants à l’opération de construction. Son action doit être engagée dans les dix ans suivant la réception des travaux.

Une double qualité pour le vendeur en VEFA

Le vendeur d’un immeuble à construire occupe une position particulière. À l’égard des acquéreurs, il est considéré comme un constructeur, au sens de l’article 1792-1 du Code civil et répond, à ce titre, des désordres relevant de la garantie décennale.

En revanche, vis-à-vis des architectes, bureaux d’études, entreprises ou contrôleurs techniques auxquels il a confié la conception et la réalisation de l’ouvrage, il conserve sa qualité de maître d’ouvrage.

Cette distinction lui permet d’exercer des recours contre ces intervenants lorsqu’il est lui-même tenu de réparer les désordres affectant l’immeuble vendu. C'est précisément cette particularité juridique qui était au cœur du litige examiné par la Cour de cassation.

Recours du vendeur en VEFA : les circonstances de l'affaire

Pour comprendre la portée de cette décision, il convient de revenir sur les faits ayant conduit la Cour de cassation à se prononcer. Un vendeur en VEFA avait été condamné à verser une provision aux acquéreurs à la suite de désordres affectant l’immeuble.

Il avait alors recherché la garantie du bureau d’études et du contrôleur technique intervenus sur l’opération. Le vendeur soutenait que son recours était soumis au délai de prescription de droit commun de cinq ans courant à compter de l’action engagée par les acquéreurs.

La Cour de cassation rejette cette analyse. Les juges rappellent alors le régime applicable aux recours exercés par le vendeur contre les autres intervenants à l'opération de construction.

VEFA : quel délai pour agir contre les constructeurs ?

Un délai de dix ans à compter de la réception

Pour les juges, le vendeur conserve la qualité de maître d’ouvrage à l’égard des constructeurs. Lorsqu’il dispose d’un intérêt direct et certain à agir, notamment parce qu’il a été condamné à réparer les désordres, il peut exercer une action contre les intervenants à l’acte de construire.

Toutefois, cette action doit être engagée dans le délai de dix ans suivant la réception des travaux. L’action intentée par les acquéreurs contre le vendeur n’a pas pour effet de prolonger ce délai ni de rendre recevable une action récursoire engagée après son expiration.

Pourquoi cette décision est importante pour les promoteurs ?

Cette décision rappelle aux promoteurs qu'ils ne peuvent pas attendre l'issue d'un litige avec les acquéreurs pour agir contre les constructeurs ayant participé à l'opération. Même lorsqu'ils sont amenés à indemniser les acquéreurs au titre de la garantie décennale, leurs recours contre les architectes, bureaux d'études, entreprises ou contrôleurs techniques restent enfermés dans le délai de dix ans à compter de la réception des travaux.

En pratique, une vigilance particulière doit donc être portée aux dates de réception des opérations et à l'apparition de désordres susceptibles d'engager la responsabilité du vendeur. Attendre l'issue d'une procédure engagée par les acquéreurs peut conduire à constater que le délai permettant d'agir contre les autres intervenants est déjà expiré. Dans ce contexte, une bonne anticipation des responsabilités et des assurances construction peut contribuer à sécuriser la gestion du risque.

VEFA : ce qu'il faut retenir sur le délai de recours contre les constructeurs

Le vendeur en VEFA est tenu de la garantie décennale envers les acquéreurs, mais il conserve la qualité de maître d’ouvrage à l’égard des constructeurs ayant participé à l’opération.

Lorsqu’il souhaite exercer un recours contre ces derniers, son action doit être engagée dans les dix ans suivant la réception des travaux. L’action de l’acquéreur contre le vendeur ne permet pas de rouvrir ce délai.

Cette décision rappelle l'importance, pour les promoteurs et vendeurs en VEFA, d'anticiper leurs recours dès l'apparition de désordres susceptibles d'engager leur responsabilité. Une vigilance particulière doit être portée aux dates de réception des travaux afin d'éviter toute forclusion.

Référence : Cass. 3e civ., 7 mai 2026, n° 24-15.726.

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Cet article a été rédigé par notre experte

Valérie Cantournet

Valérie Cantournet

Associée & Expert-Comptable

Annecy